2009, année de réflexion stratégique par excellence!

recession.jpg2009, année de récession?

Certes! L’économie est effectivement dans une évidente phase de ralentissement –c’est le moindre que l’on puisse dire ! Elle reprendra la voie de la croissance cependant. Voilà une autre certitude; c’est une simple question de temps. (Oui, je sais, ça semble simpliste de lancer une telle lapalissade, mais n’est-ce pas vrai tout de même?)

Or, quoi faire en attendant, alors que la pression sur les dépenses s’accroît, que les revenues s’affaissent, que le crédit se fait rare, que les mauvaises nouvelles abondent et minent le moral, que la concurrence prend des actions qui n’ont aucune logique d’affaires?

La réponse : prendre le temps de penser clairement et avec lucidité aux meilleures décisions à prendre dans le contexte. Faire une sérieuse réflexion stratégique.

Pour illustrer mon argument, considérons ceci. Harvard Business Publishing publie quotidiennement ses Daily Stats, de courtes capsules qui traitent d’études et d’enquêtes conduites par des firmes réputées. Celle de ce matin m’a interpellé, du fait particulièrement qu’elle réfère à un sondage qui a été conduit en plein resserrement économique par McKinsey & Co. : « How Companies Make Good Decisions, McKinsey Global Survey Results« .

reasons4decisionsRéagir à l’environnement
Ce sondage démontre, entre autre, que les décideurs sont généralement amenés à prendre d’importantes décisions d’ordre stratégique à cause de facteurs qui sont exogènes à leur propre processus de planification (voir image ci-contre).

Je n’en suis pas surpris car j’observe régulièrement ce phénomène. On a beau vouloir tout prévoir et anticiper, rien n’y fait : trop de variables affectent la réalité d’affaires, particulièrement en temps de compression –voire de récession, et je n’espère pas de dépression– où les nouvelles et les changements arrivent en grand nombre à chaque semaine et où la volatilité est à son maximum.

Ce seul constat provenant du sondage pourra peut-être servir à en convaincre plusieurs –j’espère– que la réflexion stratégique est chose du quotidien, un processus continu, non pas réservé au seul weekend annuel de « planification stratégique » en off site avec l’équipe de direction. (Non pas que ce « weekend » n’est pas utile, au contraire ! Il permet au moins ça : un concentré de deux à trois jours de réflexion forcées –encore faut-il que ce weekend soit préparé efficacement…)

Récession : moment de réflexion
Les moment dures que nous passons incitent naturellement à la réflexion. Qui ne se pose pas présentement des questions sur ses niveaux de dépenses ? Sur les sources de revenus stables et sur celles qui se tariront sous l’effet de la crise? Sur les clients à privilégier, sur les produits ou services à mettre en sourdine, du moins pour les deux ou trois prochains trimestres?

Cette crise économique est un moment clé pour réfléchir davantage avant de prendre action, plutôt que de frapper à toutes les portes trop rapidement et infliger par exemple des politiques restrictives uniformes et, somme toute, souvent inefficaces.

(À lire sur ce sujet d’ailleurs , cet autre étude, celle-là de Bain & Co. : « The Secret to Making Cost Savings Stick« . On y répète que l’efficacité des actions ne provient pas nécessairement de coupures généralisées mais bien d’actions chirurgicales bien réfléchies.)

Prise de décisions : meilleures pratiques
Ce que le sondage de McKinsey montre aussi (on y revient), et c’est qu’au delà de l’exigence d’agilité stratégique face aux événements en contexte de récession, la prise de décision efficace se fait sous des conditions bien spécifiques. C’est un cas de meilleures pratiques. Le sondage démontre ainsi que les meilleurs résultats d’affaires sont obtenus lors que les décideurs optent pour des pratiques, ma foi, assez simples ! (comme quoi, des fois l’évidence…).

Quelles sont ces pratiques ? Les voici, en substance :

  • Impliquer les bonnes personnes dans le processus décisionnel, c’est-à-dire celles qui possèdent les compétences et l’expérience appropriées.
  • User de transparence et de rigueur quant aux critères de décision.
  • Fonder ses décisions sur une solide base de faits et des données fiables.
  • Impliquer les individus responsables et imputables des actions à prendre au plus tôt dans le processus décisionnel.

Surpris ? J’imagine que non. Comme moi.

Or, questionnez-vous. Est-ce là la pratique que vous préconisez? En période de crise? Oui ? Bravo. Non? Peut-être devriez-vous revoir vos méthodes et –attention ! honteuse auto promotion– utilisez un conseiller externe pour vous aider. L’objectivité, l’indépendance et une expérience variée valent parfois leur pesant d’or.

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