L
e Web 2.0 -entre autre– amène l’industrie des médias à se poser des questions sur son avenir, sur le rôle des joueurs actuels, des nouveaux arrivants tels les Google, Microsoft, Apple et autres joueurs de monde Web qui viennent dorénavant jouer dans leur plates-bandes, sur le partage des revenus de cet industrie en mutation, sur la réinvention des règles du jeu.
- Qui saura se positionner pour remporter le maximum de revenus à long terme?
- Qui perdra?
- Les consommateurs gagnent-ils réellement le pouvoir que certains leur accordent dorénavant?
- Comment les joueurs actuels réagiront-il?
Les questions sont multiples. Les enjeux sont immenses; des centaines de milliards de dollars annuellement en fait.
Oubli-t-on de se questionner sur un groupe d’entreprises?
J’ai assister hier à la très bonne présentation de Martin Lessard au WebCom-Montréal 2008. Fort intéressant. Très pertinent. Complet, sauf, à mon avis un oubli : le pouvoir des producteurs de matériel tels les Hitachi, LG, Matsushita, Mitsubishi, NEC, Samsung, Sanyo, Sansui, Sony et autres géants mondiaux de l’électronique. Ce sont ceux-là même qui permettent aux diffuseurs, distributeurs de signal, fournisseurs de services, annonceurs et autres joueurs de la chaîne de valeur des médias de générer tout ce revenu publicitaire, qui est –bien que formidable il va sans dire : 285 MM$ aux É.-U. en 2006– trop souvent le seul chiffre couvert dans débat du Web et du multiplateforme.
L’industrie de l’appareillage électronique est une industrie de plus de 25 milliards $US simplement aux É.-U. où on estime à près de 280 millions le nombre d’appareils dans les foyers (cathodiques et plats). Mondialement, on pourrait parler de près de 75 MM $US et de plus d’un milliard d’appareils. iSuppli prévoit que les livraisons annuelles d’appareils à écran plat à eux seuls compteront pour près de 200 millions d’appareils par année d’ici 4 ans, soit plus de 150 milliards de $.
Selon moi, ces entreprises manufacturières sont encore –et pour un bout de temps encore– les détenteurs du pouvoir requis pour changer l’Élément –avec un grand «É» svp– qui fera basculer la masse de ce qui représente encore la majorité de la consommation de contenu aujourd’hui vers la panacée annoncée/promise du multiplateforme.
En effet, selon le Digital Media Fact Guide publié il y a quelques mois par Ipsos, la grande majorité de la consommation du contenu vidéo se fait encore à la télé, 75% en fait (voir le schéma ci-contre).
Et pour la majorité des consommateurs, la télé, c’est encore une expérience traditionnelle de salon. Cette expérience de consommation est donc substantiellement la même aujourd’hui pour la majorité qu’il y des années. Zone de confort oblige, 60 ans d’histoire et d’habitude de consommation télévisuelle ne se changent pas si rapidement, avec TiVo et AppleTV ou non.
Bien sûr on voit poindre les effets du multiplateforme. Bien sûr les plus jeunes consomment le contenu différemment que les plus vieux. Le constat demeure cependant. La masse, c’est le marché et le marché dirige les joueurs de l’industrie. Le contenu se consomme encore substantiellement à la télé, dans le salon ou la chambre, seul ou en famille, sur un appareil qui s’appelle un téléviseur. Et pour le moment, cet expérience de consommation est contrôlée par les manufacturiers d’appareils de télé.
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sources : evertiq, ipsos insight, eMarketer. Publié également sur Blogue Marketing Interactif de l’AMM-PCM
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